Maladie mentale : Dr WAKEU en parle

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Dr Martial Aimé Wakeu

La maladie mentale n’est pas de la sorcellerie 

Le psychologue s’exprime sur ce mal-être. 

Par Paulette Ndong 

Quand dit-on qu’une personne est atteinte d’une maladie mentale ?
Selon le DSM-IV-TR (2003), la maladie mentale ou trouble mental est définie,
comme « un syndrome comportemental ou psychologique cliniquement significatif, survenant
chez un individu et associé à une détresse concomitante ou à un handicap ou à un risque
significativement élevé de décès, de souffrance, de handicap ou de perte importante de liberté… » (p. XXXV). C’est donc une altération psychique plus ou moins grave qui empêche l’individu de se sentir comme un membre à part entière de sa communauté et d’y exercer un rôle productif et valorisant. En effet, une personne atteinte de maladie mentale présente des comportements inadaptés, biscornus, perturbateurs ou dangereux qui peuvent conduire à une hospitalisation plus ou moins longue.
Que doivent faire les proches pour une bonne prise en charge ?

Une fois que l’entourage d’une personne remarque les gestes inhabituels tels que décrits plus haut, il doit immédiatement contacter un spécialiste de la santé mentale – un psychologue clinicien, un psychopathologue, un psychothérapeute ou à la limite un psychiatre- en vue d’une prise en soin. Car il convient de rappeler que plus une pathologie est détectée à temps et prise en soin, plus il est possible d’avoir un résultat probant. Malheureusement, dans notre contexte, on a coutume dans de pareil circonstance de se rendre au ‘village’ ou chez un ‘pasteur’ parce qu’on soupçonne un ‘mauvais œil’, la sorcellerie, la possession ou encore un envoûtement. Sans nier une telle réalité, nous déconseillons vivement une telle démarche !

Et quel rôle doivent-ils jouer dans le processus de guérison ? 

Comme toute forme de maladie, les proches du patient doivent jouer un rôle d’accompagnement dans son processus de guérison. A cet effet, ils doivent lui apporter assistance et compassion sur toutes ses formes. Car, la souffrance, quelle qu’elle soit, est une situation difficile à vivre, notamment lorsqu’elle peut nous rendre dépendante ou nous coupe de la réalité.
Une bonne prise en charge dépend aussi de l’accompagnement des pouvoir publics. Au Cameroun, par exemple, comment l’Etat peut-il aider les malades et les professionnels de la santé mentale ?
Il est clair que c’est de la responsabilité d’un Etat de mettre sur pied un système de santé fiable et efficient qui contribue à assurer le bien-être de sa population. C’est donc un truisme que de dire qu’une bonne prise en charge des patients souffrant de maladie mentale dépend aussi de l’accompagnement des pouvoir public. Car assurer la bonne santé de sa population fait partie des devoirs régaliens de l’Etat. Partant, en ce qui concerne les patients et les professionnels de la santé mentale, l’Etat devra pour les premiers mettre en place des structures et matériels adéquats pouvant faciliter leur prise en soin. Pour ce qui est des seconds, l’Etat devra veiller et investir sur la qualité de leur formation ; il serait aussi important de les intégrer considérablement dans le système de santé en place dans la mesure où leur présence dans les hôpitaux est encore timide. Il pourra aussi faciliter leur présence dans divers tribunes pour exposer à la population leur savoir et savoir-faire afin de les éclairer sur l’importance de les consulter dans le cadre de ces pathologies.

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