Relance filière bois : Les propositions de Blandine Ouoguia 

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Blandine Ouoguia 

L’activité paralysée faute de documents sécurisés

La déléguée du Groupement de la filière bois du Cameroun revient sur le préjudice causé aux exploitants de ce secteur.

Par Paulette Ndong 

Depuis le début de l’année pourquoi votre activité tourne-t-elle au ralenti ?

Depuis janvier jusqu’à ce jour, les opérateurs de la Filière bois se tournent les pouces. Pour cause, il y a une pénurie généralisée des documents sécurisés. Partant du carnet de chantier ou DF10 qui permet d’enregistrer les bois abattus (et c’est sur cette base qu’on paie la taxe d’abattage), à la lettre des voitures grumes qui permet le transport des grumes vers l’usine pour transformation et ou vers le port pour exportation puis à la lettre de voiture parc de rupture, qui conditionne le transport des grumes de la forêt pour le parc de rupture jusqu’à la lettre des voiture débités qui permet le transport des produits transformés (débités) du site ou l’usine de transformation pour le port afin d’être exportés, aucun de ces documents, censés être livrés au Ministère des Forêts et de la Faune par l’Imprimerie nationale n’est disponible. De janvier à mars, nous n’avons travaillé que pendant environ trois semaines d’affilés parce que l’Imprimerie nationale est dans l’incapacité de produire les documents en quantité et de façon régulière pour qu’on puisse effectuer notre travail.

Cette cessation de travail n’entraîne-t-elle pas des conséquences ? 

Cette période d’inertie entraîne d’énormes pertes financières à ces opérateurs du secteur du bois. Lorsqu’on ne travaille pas entre janvier et mars, qui est la saison sèche et la période pendant laquelle la demande est forte, nous perdons pratiquement 40% de notre chiffre d’affaires, de même évacuer les stocks abattus de l’année 2020 à cause du manque de lettres de voitures est une autre procédure longue, coûteuse et onéreuse.

Si l’Etat ne fait rien, nous serons incapable demain non seulement de conserver nos emplois et les employés que nous avons, mais aussi de pouvoir payer nos taxes notamment la Redevance Forestière Annuelle généralement appelée RFA qui n’est pas liée à l’activité mais qu’on paye avant d’exploiter. Parce que comme le dit la loi, une fois que tu as le titre d’exploitation sur une superficie donnée, tu es obligé de payer la RFA, que tu l’exploites ou pas.

Que proposez-vous au gouvernement?

Toutefois, en attendant la réaction de l’Etat, nous pensons qu’il faut lever le monopole de l’Imprimerie nationale sur la production des documents sécurisés et accorder une partie de la production à la Sopecam car ce n’est pas la première fois qu’on demande à cette entreprise. Elle nous a aidé par le passé. Ou alors on passe à l’opérationnalisation effective et dans les brefs délais du Système informatique de gestion des informations forestières de deuxième génération. Une application développée par le ministère des Forêts et de la Faune pour le suivi et la traçabilité de la gestion forestière au Cameroun afin que nous puissions imprimer nous-mêmes et de façon autonome nos lettres de voitures.

Dans le cas contraire, si rien n’est fait, les sociétés membres du Groupement de la filière bois du Cameroun vont lancer un préavis de grève. Une situation déplorable surtout quand on sait à combien de milliards FCFA le secteur du bois contribue à l’élargissement des caisses de l’Etat et par conséquent au développement.

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