Accords militaires Cmr-Turquie : Le chef de l’Etat reçoit l’aval des députés

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Accords militaires Cameroun-Turquie

Le président de la République reçoit l’aval des députés

Ils ont adopté deux projets de loi autorisant le chef de l’État à renforcer cet aspect de la coopération avec Ankara.

Par Cyril Essissima

Le Cameroun s’entiche d’un nouveau partenaire stratégique en matière de coopération militaire. Le 26 mars 2021, l’Assemblée nationale a adopté deux projets de loi dans ce sens avec la Turquie. Le premier texte autorise le président  de la République à ratifier l’Accord-cadre militaire entre les gouvernements des deux pays. Tandis que le second habilite le chef de l’État à ratifier l’Accord de coopération entre Yaoundé et Ankara en matière de formation militaire, adopté le 30 janvier 2018. Les deux textes ont été examinés au fond par la commission des affaires étrangères de la chambre basse du Parlement et défendus par le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo.

S’agissant de l’Accord-cadre militaire, il définit les grandes orientations. Autrement dit, il vise, entre autres, « la formation et l’instruction militaires, la participation aux exercices conjoints, les échanges dans le domaine du renseignement militaire, la coopération logistique, la médecine militaire, les opérations militaires autres que la guerre et l’échange de visites de haut niveau », peut-on lire dans l’exposé des motifs présenté par le député Marius Yaya Doumbia, rapporteur.

Parlant de la formation militaire, objet du second accord entre le Cameroun et la Turquie, les actions de coopération portent sur « la formation, l’entraînement et divers cours dans les écoles, académies, centres de formation et d’instructions militaires turcs ; des stages d’État-major ; la formation à l’université de la défense nationale de Turquie ; les formations doctorales dans les universités turques », a énuméré le député Joshua Osih, rapporteur à l’occasion.

En guise de justifications, la ratification de ces deux instruments est motivée par les « enjeux sécuritaires de l’heure », apprend-on. En effet, l’armée camerounaise est engagée sur plusieurs front, notamment dans sa partie septentrionale (Extrême-Nord) où elle affronte depuis 2014 le groupe terroriste Boko Haram ; la guerre sécessionniste dans les régions du Nord-Ouest et du Nord-Ouest, ou encore à l’Est où elle fait face aux incursions de bandes armées venues de la République Centrafricaine.Ce sont ces multiples théâtres de guérilla qui obligent le Cameroun à s’ouvrir au monde en multipliant ses partenaires. Et le choix de la Turquie n’est pas anodin. 2e puissance militaire de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord) après les Etats-Unis et 8e armée au niveau mondial, comme s’en vante Joseph Beti Assomo, la Turquie convainc par « sa grande expérience dans la lutte contre le terrorisme international ». C’est donc « un partenaire susceptible d’apporter un soutien multiforme important au Cameroun en matière de défense et de sécurité », justifie la commission. D’autre part, ces accords sont l’aboutissement d’un long cycle de négociations entre les deux États, entamé lors de la visite officielle du président Paul Biya à Ankara en 2013.

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