Camp de Minawao : Des réfugiés en colère

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Ils ont attaqué les convois des membres des délégations de la commission tripartite qui sont venus sans des vivres.

Par Jacques Kaldaoussa

Une fois rendus au camp de Minawao dans l’après-midi du 10 février, les membres des délégations de la commission tripartite ont été pris à partie par des leaders des communautés de réfugiés qui pensaient que leurs hôtes étaient venus les bras pleins de vivres et de moyens financiers comme à leur habitude. D’aucuns estimaient que leur gouverneur est venu les chercher pour le retour au pays natal et non pour leur faire une énième promesse depuis le dernier rapatriement du 22 février 2019.

D’où quelques chahuts et autres actes de vandalisme perpétrés sur les convois des autorités. L’on a observé des signes d’insultes et des jets d’objets et de pierres sur le long cortège. Il aura fallu l’énergique maitrise des forces de défense et de sécurité pour éviter le pire. Un travailleur humanitaire confie sous anonymat : «La voiture de l’organisme non gouvernemental dénommé Inter Sos a été caillassée par les réfugiés et la vitre du côté passager est brisée. N’eut été la haute protection des forces de sécurité, le pire nous serait arrivé.

Il se développe une sorte de vandalisme dans le camp au point où des rixes se terminent au couteau. Nous sommes dans une véritable poudrière qui risque d’exploser à tout moment. Les forces de sécurité et les travailleurs humanitaires sont hués, honnis et agressés tous les jours par les réfugiés qui se plaignent de mauvais traitement dans le camp ».

Selon une autre source, les réfugiés se sont révoltés parce qu’ils croyaient que leur gouverneur de Borno State, celui du Cameroun et même le ministre de l’Administration territoriale étaient venus leur laisser les moyens de subsistance comme c’est souvent le cas mais ils sont repartis comme ils sont venus. Et d’après de nombreux témoignages de travailleurs humanitaires, le camp de réfugiés nigérians de Minawao est devenu, à s’y méprendre, une véritable poudrière.

Ils confient sous cape que depuis quelques temps, les occupants de ce camp ouvert en juillet 2013 aux demandeurs d’asile fuyant l’insécurité dans leur pays sont devenus «incontrôlables, têtus, rebelles et difficiles à encadrer ». De plus, même la poussée démographique des réfugiés du camp constitue une menace pour ses occupants et même pour les riverains et communautés hôtes.

On a donc d’un côté, des réfugiés qui se plaignent de la baisse drastique des moyens de subsistance et des dures conditions de vie dans le camp et de l’autre, des responsables du Hcr qui gèrent le camp estiment que les bailleurs de fonds ne leur donnent plus les moyens financiers conséquents.

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